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Devis d’électricité : décrire les travaux pour éviter les litiges

, 5 min de lecture

Pour éviter les litiges, un devis d’électricité doit permettre au client de compter : combien de prises, de points lumineux, de circuits, de protections, quel tableau, quel mode de pose. Il doit aussi dire clairement ce qui n’est pas compris. Un client qui peut comparer la facture au devis, ligne par ligne, conteste rarement. Celui qui reçoit « mise aux normes électrique, forfait » posera forcément des questions.

Le problème des devis d’électricité trop courts

L’électricité est un métier où le client ne voit presque rien du travail. Les câbles sont dans les murs, les protections dans le tableau, et le résultat visible tient en quelques prises et interrupteurs. Si le devis reste vague, le client juge le prix sur ce qu’il voit. Et le jour où un point lumineux manque ou qu’une prise n’est pas où il l’attendait, il n’a rien pour vérifier ce qui était prévu.

Décrire précisément ne prend pas plus de temps quand on a une méthode. Et cela vous protège autant que le client.

Compter les points, pièce par pièce

La méthode la plus lisible est de décrire l’installation pièce par pièce, puis de regrouper les quantités par type d’ouvrage. Par exemple, pour une cuisine :

  • prises de courant standard, avec leur nombre et leur hauteur si elle compte (plan de travail) ;
  • prises spécialisées pour le four, le lave-vaisselle, le réfrigérateur, avec un circuit dédié chacune ;
  • circuit de la plaque de cuisson ;
  • points lumineux au plafond et sous les meubles hauts ;
  • interrupteurs, va-et-vient ou télérupteurs.

Ce découpage aide le client à se représenter le résultat. Il vous aide aussi à ne rien oublier quand vous passez au chiffrage. Un croquis simple, joint ou décrit, avec l’emplacement des points, évite bien des malentendus sur la position d’une prise.

Le tableau et les protections

Le tableau électrique concentre une grande partie de la valeur du chantier, et c’est la partie que le client comprend le moins. Décrivez :

  • le remplacement ou la conservation du tableau existant ;
  • le nombre de rangées ou la capacité prévue, avec une réserve pour des ajouts futurs si vous en prévoyez une ;
  • les dispositifs différentiels et les disjoncteurs, par type et par nombre ;
  • le repérage des circuits, qui sera utile au client comme au prochain intervenant.

Si le tableau existant est conservé, précisez dans quel état vous le laissez : simple ajout de circuits, reprise complète du câblage interne, ou seulement mise en sécurité.

Le mode de pose et les travaux autour

Encastré, apparent ou sous goulotte

Le mode de pose change tout : le temps de travail, la poussière, les reprises. Indiquez-le pour chaque zone. Une rénovation en encastré dans des murs en brique ne se chiffre pas comme une pose sous goulotte dans un garage.

Saignées, percements et rebouchages

Qui fait les saignées ? Qui les rebouche, et avec quelle finition ? Ce point revient sans cesse dans les litiges. Écrivez-le : « Rebouchage brut des saignées, finition et peinture non comprises » ou « Rebouchage prêt à peindre ». Le client sait s’il doit prévoir un peintre.

Dépose de l’ancienne installation

Retirer les anciens câbles, boîtiers et appareillages, ou les laisser en place hors tension : précisez votre choix et sa raison.

Les exclusions : ce qui n’est pas compris

Une liste d’exclusions claire évite beaucoup de discussions. Selon le chantier, on y trouve :

  • les luminaires, quand vous ne posez que des points de raccordement ;
  • l’appareillage décoratif choisi par le client, s’il diffère de la gamme prévue ;
  • les reprises de peinture, de plâtre ou de carrelage ;
  • les travaux sur la partie de l’installation qui dépend du distributeur d’électricité ;
  • les démarches éventuelles de contrôle ou d’attestation de conformité, si elles ne sont pas comprises.

Pour certaines installations, une attestation de conformité visée par un organisme de contrôle peut être exigée, notamment pour une installation neuve. Si c’est le cas, dites dans le devis qui s’en charge et si son coût est compris. En cas de doute sur votre situation, renseignez-vous auprès de votre organisation professionnelle.

L’état de l’installation existante

Avant de toucher à une installation ancienne, notez ce que vous voyez : absence de terre, protections inadaptées, fils dénudés, tableau en mauvais état. Photographiez. Si vous constatez un danger, signalez-le par écrit au client, même s’il ne fait pas partie du devis. Cette trace vous protège si un problème survient plus tard sur une partie que vous n’avez pas touchée. Notre article sur les photos de chantier explique comment les organiser.

Vos travaux doivent respecter les règles de l’art et la norme d’installation en vigueur. Si une partie de l’installation existante n’est pas remise en état, écrivez-le : « Travaux limités au circuit de la cuisine ; le reste de l’installation n’a pas fait l’objet d’un diagnostic ». Ce n’est pas se couvrir à tout prix, c’est décrire honnêtement le périmètre de votre intervention.

La TVA sur un devis d’électricité

Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux d’électricité relèvent en principe du taux de 10 %, fourniture et pose par l’entreprise, avec la certification du client sur le devis ou la facture. Dans un logement neuf ou un local professionnel, le taux normal de 20 % s’applique. Le détail est dans notre article sur les taux de TVA des travaux.

Les suppléments en cours de chantier

Le client ajoute souvent des prises une fois les murs ouverts. C’est normal, mais chaque ajout doit être écrit et accepté avant d’être fait. Un supplément signé sur place, avec le nombre de points et le prix, vaut mieux qu’une promesse orale. Notre article sur les travaux supplémentaires détaille la méthode.

Dans Chantier Vocal

Avec Chantier Vocal, vous pouvez dicter la description pièce par pièce, par exemple « cuisine, six prises plan de travail, trois prises spécialisées, deux points lumineux ». L’IA crée les lignes avec les quantités dites. Un nombre oublié laisse la ligne « à compléter » : le devis ne part pas tant que vous ne l’avez pas indiqué.

Questions fréquentes

Peut-on faire un devis d’électricité au forfait ?

Oui, rien ne l’interdit, mais un forfait sans détail est source de litiges. Si vous gardez un prix global, joignez au moins la liste des points, des circuits et des protections compris. Le client peut ainsi vérifier que tout ce qui était prévu a bien été fait.

Faut-il signaler une installation dangereuse hors du devis ?

C’est vivement conseillé. Si vous constatez un danger sur une partie que vous ne touchez pas, informez le client par écrit, avec une photo si possible. Il décidera de faire ou non les travaux, mais vous aurez rempli votre devoir de conseil et vous disposerez d’une trace datée.

Qui doit reboucher les saignées après des travaux d’électricité ?

Celui qui l’a accepté dans le devis. C’est pourquoi il faut l’écrire : rebouchage brut, reprise prête à peindre ou rien. Sans précision, le client peut estimer que la remise en état était comprise.

Sources

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