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Devis de carrelage : surfaces, chutes et préparation du support

, 5 min de lecture

Un devis de carrelage juste repose sur trois éléments : des surfaces mesurées et lisibles, des chutes prévues en fonction du format et de la pose, et une préparation du support décrite à part. Le carrelage lui-même se chiffre facilement. Ce qui manque le plus souvent, c’est ce qu’il y a dessous et autour : la dépose de l’ancien revêtement, le ragréage, l’étanchéité sous douche, les plinthes et les découpes.

Mesurer et présenter les surfaces

Mesurez chaque pièce et chaque mur séparément, puis notez la surface sur le devis. Prenons un exemple fictif : une pièce de 4 m sur 3 m fait 12 m². Si un placard fixe de 1 m sur 0,5 m reste en place, la surface à carreler descend à 11,5 m². Pour un mur de douche, mesurez la hauteur réellement carrelée, pas la hauteur sous plafond.

Présentez la surface posée dans la ligne de pose, en mètres carrés. Le client peut vérifier la mesure, et s’il décide de carreler moins haut, il voit tout de suite l’effet sur le prix. Les ouvrages linéaires, comme les plinthes, les nez de marche ou les profilés, se chiffrent en mètres linéaires.

Les chutes : un calcul qui dépend de la pose

Les chutes sont la partie du carrelage acheté qui ne finit pas posée : découpes en bord de pièce, autour des tuyaux, casse, réserve pour une réparation future. Leur volume dépend de plusieurs facteurs :

  • le format : les grands formats laissent souvent des chutes plus grandes et moins réutilisables ;
  • le motif de pose : une pose droite consomme moins qu’une pose en diagonale ou en chevrons ;
  • la forme de la pièce : une pièce avec beaucoup d’angles, de recoins ou de passages de tuyaux augmente les découpes ;
  • le raccord des motifs, pour les carreaux à décor ou les imitations de bois.

Il n’y a pas de pourcentage valable pour tous les chantiers. Fiez-vous à votre propre expérience par type de pose et notez-la dans vos ouvrages types. Si vous fournissez le carrelage, la quantité commandée tient compte de ces chutes et votre prix aussi. Si le client achète lui-même son carrelage, dites-lui par écrit quelle quantité prévoir, chutes comprises, et qu’il vaut mieux garder quelques carreaux du même lot pour d’éventuelles réparations.

La préparation du support

C’est la partie qui fait la qualité d’une pose et celle qu’on sous-estime le plus. Décrivez-la ligne par ligne.

Dépose de l’ancien revêtement

Retirer un ancien carrelage, un parquet collé ou une moquette prend du temps, fait du bruit et produit des déchets. Prévoyez la dépose, l’évacuation et, si besoin, le grattage de la colle restante. Si vous carrelez sur l’ancien revêtement, écrivez-le aussi, avec la condition : « Pose sur carrelage existant, sous réserve d’un support sain et adhérent ».

Ragréage et planéité

Un sol qui n’est pas plan oblige à un ragréage. Indiquez la surface concernée et, si possible, l’épaisseur prévue. Si vous ne pouvez pas l’évaluer avant la dépose, prévoyez une ligne en option ou un prix au mètre carré, à appliquer après constat.

Primaire et étanchéité

Le primaire d’accrochage, la natte de désolidarisation sur un support difficile, le système d’étanchéité sous une douche à l’italienne ou dans une pièce humide : chacun a sa ligne. Pour une douche, décrivez le traitement des angles, des traversées de tuyaux et du siphon. C’est souvent là que naissent les dégâts des eaux quelques mois plus tard.

Murs et plaques

Sur les murs, précisez si vous posez sur l’enduit existant, sur une plaque adaptée aux pièces humides ou après une reprise de l’enduit. Si la pose de plaques est confiée à un autre corps de métier, dites-le.

Les finitions souvent oubliées

Avant d’envoyer le devis, vérifiez la présence de ces lignes :

  1. les plinthes, en mètres linéaires, avec leur découpe et leur pose ;
  2. les profilés de finition sur les angles sortants et les arrêts ;
  3. les seuils et barres de transition entre deux revêtements ;
  4. les découpes particulières, comme un tablier de baignoire ou une niche ;
  5. le joint, avec sa couleur et son type ;
  6. le joint souple en périphérie et autour des appareils sanitaires ;
  7. le nettoyage de fin de chantier.

Les délais et l’ordre des corps de métier

Un chantier de carrelage dépend souvent d’autres intervenants : le plombier qui pose les attentes et le siphon, le plaquiste qui monte les cloisons, l’électricien qui place les boîtiers. Indiquez sur le devis ce que vous attendez avant de commencer, par exemple « support livré sec, propre et plan, réseaux en attente posés ». Prévoyez aussi les temps de séchage d’un ragréage ou d’une chape, qui peuvent imposer un second passage. Le client comprend alors pourquoi le chantier dure plusieurs jours alors que la pose elle-même paraît rapide, et il ne vous reprochera pas un retard qui vient d’un autre lot.

Fourniture du carrelage : à préciser dès le devis

Qui achète le carrelage ? Si c’est vous, le devis indique la référence, le format, la quantité et le prix. Si c’est le client, le devis doit le dire clairement et préciser que votre prix ne porte que sur la pose. Pensez aussi à la TVA : le taux réduit de 10 % ou de 5,5 % s’applique à la fourniture et à la pose par l’entreprise dans un logement qui remplit les conditions, pas à du carrelage acheté seul par le client dans un magasin. Notre article sur le matériel acheté par le client détaille ce qu’il faut écrire.

Dans Chantier Vocal

Dans Chantier Vocal, une ligne de pose dont vous n’avez pas dicté la surface reste « à compléter » : l’IA ne calcule pas une surface à partir d’une impression. Vous indiquez la mesure, et vos ouvrages types, avec vos propres règles de chutes, se retrouvent dans votre bibliothèque pour le chantier suivant.

Questions fréquentes

Faut-il facturer les chutes au client ?

Si vous fournissez le carrelage, les chutes font partie de la matière à acheter, donc de votre prix. Vous pouvez les intégrer au prix au mètre carré ou les montrer à part, l’essentiel étant que votre méthode soit cohérente. Si le client fournit le carrelage, il achète lui-même la quantité nécessaire : donnez-lui une quantité à commander, chutes comprises.

Comment chiffrer un ragréage qu’on ne peut pas évaluer avant la dépose ?

Écrivez une hypothèse dans le devis et prévoyez un prix au mètre carré ou une option pour un ragréage plus important. Après la dépose, constatez l’état du support avec le client et faites signer un supplément si nécessaire, avant de poursuivre.

La pose sur un ancien carrelage est-elle toujours possible ?

Pas toujours. Elle suppose un support sain, plan et adhérent, et une hauteur compatible avec les portes et les seuils. Si vous la proposez, écrivez ces conditions dans le devis et vérifiez-les avant de commencer.

Sources

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